Située non loin de Singapour et réputée pour son enseignement d'excellence, l'école Marhawa accueille l'élite des étudiants venues de toute l'Asie. Mais à la nuit tombée, le mal rôde dans les salles de classe. Doug Wright, professeur éminent en biotechnologie, est appelé en urgence car d'étranges symptômes commencent à se manifester parmi les élèves du prestigieux établissement. Soupçonnant un danger biologique de grande ampleur, il veut contacter Chris Redfield, agent du BSAA luttant contre le bioterrorisme...
Personnages principaux : Ricky Tozawa, Doug Wright, Bindi Bergara, Mère Gracia.
Emplacement chronologique vis à vis de la saga : entre Resident Evil 5 et Resident Evil 6.
Quand le lire ? Chris Redfield n'étant pas le personnage central, il vous est possible de le lire à n'importe quel moment. Néanmoins, il est préférable de connaître le background de la saga et donc d'avoir joué aux jeux principaux, même si c'est loin d'être indispensable.
Disponibilité : Oui Editions : Kurokawa
Date de parution française : 14 juin 2012
Mon commentaire : c'est avec ce premier manga que débute la nouvelle série Resident Evil. Pour commencer, les premières pages (le prologue) sont en couleurs, ce qui est toujours sympa dans un manga. D'ailleurs, tout ce qui touche au dessin est réussi : le style est réaliste, les décors et arrières-plans sont riches, variés et détaillés, l'utilisation intelligente du noir et du blanc permet d'identifier facilement les événements présents et les flashbacks, la mise en scène est impeccable et inspirée (digne des plus grands films), les personnages sont bien faits et ceux tirés du jeu sont tout de suite identifiables puisque très ressemblants (mention très spéciale pour Chris Redfield puisque le dessinateur a eu l'excellente idée de gommer le côté ultra bodybuildé du personnage, trop flagrant dans RE5), et, quand il le faut, le dessin est gore et inquiétant à souhait !
C'est avec un réel plaisir que l'on découvre différents clins d'oeil aux premiers jeux avec le retour des créatures les plus emblématiques du bestiaires de la saga (zombies, cerbères, araignées géantes et lickers pour ne citer qu'eux... car oui, il y en a d'autres et je vous laisse la surprise de la découverte !), avec le fait que Chris se fasse attaquer par une araignée géante (rappelant une certaine jaquette avant d'un certain tout premier épisode !) et avec la mention de l'incident de Raccoon City qui nous permet d'apercevoir momentanément les silhouettes sombres de Claire Redfield et de Leon Scott Kennedy. Et si le côté horrifique est bel et bien présent (notamment par le côté gore du dessin aux instants propices), il est renforcé par un élément qui a fait le succès de la saga Silent Hill mais qui a trop fait défaut à la saga Resident Evil, l'aspect malsaint ! Tout est là pour déranger, que ce soit par le fait que l'école se trouve isolée, perdue au milieu de la nature (là où le réseau téléphonique est inexistant) et qui, bien que située dans les environs de Singapour, n'est indiquée guère plus précisément que "quelque part en Asie" (pour citer le texte), que par le côté très religieux (ainsi que par la dévotion qui va avec) de l'école et de sa directrice, l'énigmatique Mère Gracia, prête à tout pour cacher l'incident de Marhawa aux yeux du monde... De plus, les chapitres sont nommés "files", qui, en anglais, signifie "dossiers" ou bien encore "fichiers", comme pour rappeler le côté "affaire policière" et "enquête" de la chose, car il y a bel et bien un mystère (voire plusieurs !) à résoudre. Même le design du titre - mieux appréciable sur la 4ème de couverture - n'augure rien de bon.
Bien que plusieurs éléments peuvent faire penser à - et rappeler - Resident Evil 6, le fait d'avoir apprécié ou non le jeu ne rentre pas du tout en ligne de compte. On pourrait bien faire quelques reproches à l'oeuvre, notamment le fait que les pages ne sont majoritairement constituées que de une à cinq vignettes, ce qui fait qu'il se lit un peu trop vite mais la richesse des décors et arrières-plans vous permet de vous y attarder suffisamment pour que ce soucis se fasse un peu oublier. Ensuite, le scénario un un peu trop léger sur tout ce qui concerne le sang puisqu'une simple goutte de sang d'un infecté dans l'oeil (si cela se passait en vrai) suffit largement pour être contaminé. Que l'on soit blessé ou non, le simple fait d'entrer en contact avec du sang contaminé est très risqué or ici, les personnages semblent parfois ne pas trop s'en soucier. On passera également sur "les apparitions" étranges de certains zombies dans des lieux précis alors qu'ils ne sont pas censés pouvoir ouvrir les portes (pas assez intelligents pour comprendre le fonctionnement d'une poignée). Et tâchez de ne pas vous laisser abuser par la jaquette du manga, Chris et le BSAA n'ont qu'un très petit rôle dans ce tome.
Petite surprise néanmoins à la fin, nous avons droit à une courte aventure d'un membre de la branche Extrême-Orient du BSAA (et nouveau personnage féminin dans cette série), Merah Biji, au cours de laquelle nous avons le privilège de retrouver des créatures bien connues des fans de la première heure. Le seul petit bémol de ce court passage étant peut-être un angle de vue un poil trop sexiste, mais rassurez-vous, rien de bien méchant.
Au final, cette nouvelle série fort bien rythmée est une excellente surprise qui effectue un véritable retour aux sources en renouant avec les racines survival horror de Resident Evil ! Ce fut un plaisir de relire ce volume juste avant de rédiger cet article et je le conseille tant aux plus anciens fans de la saga qu'aux nouveaux venus ! Et si vous êtes en train de le lire sachez que... vous vous êtes réfugiés dans cette série, et pensez être à l'abri... Pourtant...