T1 : Quand Yû Katsumi rentre de trois années passée en Afrique dans une ONG, c'est un médecin qui a rompu son serment d'Hippocrate : enlevé par la guérilla locale, il a été contraint de tuer pour ne pas l'être. Depuis son retour au Japon, il n'est plus qu'un marginal au bras tatoué à l'image de Lucifer qui passe ses journées à boire, taraudé par le remords...
Après une nuit particulièrement agitée, il se réveille dans la clinique du Dr Minatono, un établissement un peu particulier qui soigne non seulement les sans-abri et les nécessiteux, mais aussi, pour financer le reste, un nombre non négligeable de membres de la mafia. Le jeune médecin a beau s'être juré de ne plus pratiquer, il va s'avérer délicat de leur refuser son aide...
Entre opérations chirurgicales désespérées et assauts de yakuzas assoiffés de vengeance : découvrez les urgences de la clinique du Dr Minatono dans un savant mélange d'action et de suspense ciselé au scalpel !
[Attention ! Si vous ne voulez pas être spoilé, ne lisez pas les 4èmes de couverture suivantes !]
T2 : Malgré lui, Yû Katsumi se retrouve plongé dans le quotidien chaotique de la clinique Minatono. Après avoir soigné un voyou blessé par balle et pratiqué une greffe d'organe sur le chef d'un clan de yakuzas, le voilà confronté à l'accouchement prématuré d'une jeune clandestine... Mais en pleine intervention, le Dr Minatono tombe inconscient, frappé d'une hémorragie cérébrale !
Grâce aux révélations d'Eriko, son assistante, Yû découvre que celui-ci est l'homme qui l'a poussé à devenir médecin. Lui qui s'était juré de ne plus exercer se décide alors à reprendre le flambeau en tenant la clinique à la place de Minatono pendant son absence...
T3 : Funaki, enfin libre de ses mouvements, décide de rester donner un coup de main à la clinique Minatono pour se racheter. C'est alors qu'un de ses anciens employés fait son apparition avec une requête plutôt singulière : le jeune homme, prénommé Saen, a en effet besoin d'un faux certificat de décès afin de se faire passer pour mort auprès de l'organisation qui veut sa peau...
Retrouvé gisant dans la rue quelques jours plus tard, il ne survit pas à ses blessures. Seulement voilà, l'hôpital déclare qu'il est mort d'insuffisance cardiaque ! Certain qu'il s'agit d'un meurtre, Yû se jure de tout mettre en oeuvre pour faire éclater la vérité...
T4 : Après le départ de Mu, le calme revient à la clinique Minatono. Mais lorsque la mère de la petite Nagisa vient rendre visite à sa fille traitée pour une rougeole, elle s'écroule sous les yeux d'Eriko ! Le diagnostic est sans appel : il s'agit d'une tumeur au cerveau...
Terrifiée, Mme Mukai refuse d'être opérée et se met à éviter la clinique. Heureusement, ni Yû ni le bouillonnant Dr Shôko Nanami ne sont du genre à baisser les bras !
T5 : Petit à petit, Yû Katsumi se constitue une véritable équipe à la clinique Minatono. Mais il lui manque encore un anesthésiste pour l'assister lors des opérations... Il jette alors son dévolu sur Ryûsei Okita, un ancien collègue qui a perdu l'usage de ses jambes à la suite d'un accident.
Seul problème : obnubilé par sa soif de vengeance, le jeune homme en question n'est pas du tout disposé à le rejoindre...
T6 : Peu après l'arrivée de Ryûsei à la clinique, une journaliste décide d'enquêter sur le mystérieux "docteur Lucifer". Au cours de ses investigations, elle se retrouve mêlée à l'enlèvement du Dr Wiseman, un ancien collègue de Yû Katsumi qui a travaillé avec lui en Afrique ! Son intervention permet à la fiancée de Yû, qui le croyait mort, de le retrouver et de renouer le contact en s'installant au Japon...
De son côté, Eriko reste obsédée par son passée sans parvenir à se rappeler le moindre souvenir de son ancienne vie. Mais celle-ci va brusquement refaire surface de la pire manière qui soit...
L'épilogue poignant de La Main Droite de Lucifer, un savant mélange d'action et de suspense ciselé au scalpel !
Personnages principaux : Yû Katsumi, Eriko Sakura, Funaki, Shôko Nanami, Ryûsei Okita et Dr Minatono.
Disponibilité : Oui Editions : Ki-oon Nombre de tomes : 6 ; série terminée
Dates de parution française : les 13 juin (T1), 29 août (T2), 24 octobre (T3) & 12 décembre 2013 (T4) et les 13 mars (T5) & 12 juin 2014 (T6)
Traduit par : Yohan Leclerc
Mon commentaire : lorsque j'ai commandé les six tomes de la série d'un coup, j'avoue que j'étais un peu inquiet. Une petite voix au fond de moi ne cessait de me rappeler à l'ordre : allai-je aimé ? Qu'allai-je trouver à l'intérieur de ces pages ? J'avoue que je n'était pas franchement en paix. Puis ma commande est arrivée et alors je me suis plongé dans le premier tome pour enfin savoir à quoi je me frottais. Je ne l'avais pas encore terminé que je savais déjà que j'étais tombé sur une bonne surprise !
Après quelques pages couleurs (les seules de tout le manga) qui nous montre un Yû Katsumi sous le feu ennemi qui refuse d'abandonner ses patients africains, on retrouve le doc aux temps présents, dans la rue, en train de se faire agresser et voler son argent. Blessé il tombe dans les vapes avant de se réveiller dans une clinique. Et à partir de là, de destin se met en marche et amènera tous les protagonistes à se retrouver au fil de l'histoire. Car on peut bel et bien parler de destin. Les actions de chacun des personnages principaux vont les liés les uns aux autres aussi sûrement que peuvent l'être les doigts d'une main.
Chacun d'entre eux porte l'histoire de cette série, une histoire mature bien au delà de toute forme de manichéisme et préjugé où des voyous agissent mal mais pour une noble cause, où les médecins doivent soigner des membres de la mafia (foncièrement bons soit dit en passant) pour financer appareils et opérations dont seraient normalement privés les plus démunis. L'entièreté de ce manga est une analogie : on nous narre le parcours de personnes comme les autres qui, suite à un traumatisme qui les a obligé à mettre un genoux à terre, tentent de se relever, non sans mal, non sans sacrifice, mais toujours avec succès. Les malheureux de cette série pourraient très bien être vous-même.
Le rythme est très bien maitrisé avec une alternance des plus justes entre passages drôles et évènements sérieux. Toujours passionnante, la narration se suit avec une facilité des plus appréciables et même le dessins seul suffit, portant l'histoire sans même nous montrer ce qu'il se passe, malgré l'absence de dialogue. On trouve un très bon exemple dans le tome 2 qui nous prouve que la mise en scène est impeccable et inspirée. Tout est clair et évident. Les scènes de longs flashback sont dessinées sur des pages au fond noir. Quant aux flashback plus courts, les quelques images qui les représentent se voient cernées de noir et légèrement floutées.
Mais le dessin sait aussi se montrer diablement intelligent. On pensera surtout à la répétition des scènes de flashback du premier tome relatant le meurtre traumatisant que Yû doit commettre sur ses agresseurs. A aucun moment les scènes ne se focalisent sur l'acte même mais sur le médecin, contraint d'agir ainsi, de commettre cette action qui va à l'encontre de tous ses principes en tant que médecin. Cette intelligence de mise en scène permet au lecteur de se concentrer sur les effets que cet acte a sur Yû, car ici, ce sont les personnages qui portent l'histoire. D'ailleurs, les images en tête de chapitre qui représentent souvent un ou plusieurs personnages sont lourdes de sens.
Au final, malgré de rares défauts liés à quelques faux raccords ou encore au léger récapitulatif des personnages au tome 3 que l'on jugera soit sous exploité, soit inutile, Naoki Serizawa nous livre une oeuvre passionnante à suivre où il laisse éclater son talent de scénariste et de dessinateur, une oeuvre dans laquelle un docteur Lucifer déchu parvient à déployer ses ailes et à s'envoler, apportant avec lui un message d'amour, d'amitié et de solidarité. Une oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte !