J'ai eu du mal à dormir cette nuit et pour cause, hier se produisait une acte innommable. Des individus armés de kalachnikovs ont pénétré les locaux de Charlie Hebdo et sauvagement assassiné un groupe de personne. Leur crime ? Avoir défendu la liberté d'expression.
C'est aujourd'hui pourquoi je prend la plume. Parce que j'ai besoin d'en parler. Parce que l'acte est suffisamment grave pour que nous devions en parler. Il faut en parler.
En ce qui me concerne, c'est un sentiment de tristesse et de désolation qui m’envahis. Je dois vous avouer que je m'attendais à éprouver une haine farouche pour ceux qui ont commis une telle barbarie, mais non. À ma grande surprise, je n'éprouve pas de haine envers eux. Ni pitié. Ni... rien. Le poids de la vengeance ne sommeille pas en moi et je constate que, ce faisant, non seulement je ne corromps pas mon âme mais de surcroît je leur dénie l'existence. Je ne chercherai jamais à connaître leur identité, et je vous déconseille de la connaître vous aussi, car ces gens ne méritent pas que l'on se souviennent d'eux, ils méritent simplement de sombrer dans le néant. Ainsi, ils auront échoué.
Et ce n'est d'ailleurs pas leur seul échec. Par leur crime abominable, ils ont voulu diviser. Des citoyens, à travers toute la planète, se sont rassemblés, de Rio à New York, de Londres à Berlin, de Moscou à Melbourne, de Rome à Vienne, de Montréal à Bogota et bien sûr en France. Des personnalités à l'autre bout de la planète comme Hugh Laurie (Dr House) ou encore Alyssa Milano (Charmed) en passant par l'auteure J.K. Rowling (Harry Potter) ont ouvertement affiché leur soutient à notre pays, aux victimes et à leurs familles. Sans parler des journalistes du monde entier. En cette journée funeste du 7 janvier 2015, les terroristes ont échoué ; c'est toute une planète qui s'est rassemblée.
Ils ont voulu tuer Charlie Hebdo. Et alors que ce magazine n'était pas ce qu'il y avait de plus connu dans le monde, aujourd'hui, la planète entière scande son nom. En cette journée funeste du 7 janvier 2015, les terroristes ont échoué ; Charlie Hebdo est devenu immortel.
Ils ont voulu tuer la liberté d'expression. Hélas pour eux, cette liberté est tout particulièrement chère aux yeux du peuple français. Mais il y a bien plus encore. Internet, cette plateforme, ce médium devenu en quelques années seulement accessible à tous, est là et il permet à tout un chacun de pouvoir prendre la parole librement. Quiconque possède une connexion internet et un ordinateur (PC, smartphone...) peut s'exprimer sur Internet et ce que ce soit au moyen de texte, de musique, de dessin ou de vidéo. Et depuis le 7 janvier, tous se mobilisent et y vont de leurs petits messages pour afficher pleinement leur indéfectible soutient aux familles des victimes. Les terroristes ont échoué ; jamais les gens n'ont eu autant à cœur le désir de défendre cette liberté qui n'a jamais été aussi puissante qu'aujourd'hui.
Bien sûr, le temps passera, le choc et les remous propagés par cette affaire s'atténueront. Mais le souvenir perdurera. À vous tous, qui avaient défendu la liberté d'expression, à vous tous, qui avaient sacrifié vos vies, je n'ai qu'une chose à vous dire : Merci !
Votre sacrifice ne sera jamais oublié et c'est tous ensembles que nous poursuivrons le combat en continuant à nous exprimer librement. Sans doute le ferons-nous avec moins de talent, moins de classe, moins de portée, avec plus de maladresse aussi, que vous. Mais nous le ferons.
À présent, reposez en paix.
[En lieu et place de la minute de silence habituelle, je vous propose d'écouter ensemble la musique Life, composée par Nobuo Uematsu, dédiée comme son titre l'indique, à la vie.]