"Je suis un maître des lames. Jamais je ne prends le moindre plaisir à tuer. Je suis simplement doué pour ça."
1735 - Londres. Haytham Kenway a appris à manier l'épée depuis qu'il est capable d'en tenir une. Alors, quand des hommes armés attaquent la demeure familiale, assassinent son père et enlèvent sa soeur, Haytham défend son foyer de la seule manière possible, il tue.
Après ce drame, un mystérieux tuteur le prends sous son aile et l'entraîne pour faire de lui un assassin redoutable. Consumé par sa soif de vengeance, Haytham se lance dans une véritable vendetta. Il ne se fie à personne et remet en question tout ce qu'il a toujours connu.
Conspiration et trahisons l'assailliront de toutes parts tandis qu'il plongera au coeur du conflit séculaire qui oppose les Assassins aux Templiers.
Personnages principaux : Haytham Kenway, Reginald Birch et Charles Lee.
Quand le lire ? Quand vous voulez mais il est sensiblement préférable d'avoir joué à Assassin's Creed III avant.
Disponibilité : Oui Editions : Milady et Castelmore
Date de parution française : 23 novembre 2012 (M) et 16 avril 2014 (C)
Traduit par : Claire Jouanneau
Mon commentaire : Forsaken est particulier sur bien des points, permettez-moi de commencer par les plus banals ; il s'agit du dernier roman Assassin's Creed à être édité avec ce logo (Assassin'S Creed : avec "Assassin's" écrit en noir et "Creed" inscrit en rouge). Il est aussi le dernier (chez Milady) à ne pas afficher le logo "Gaming" en bas sur la tranche - il s'agit du nom de la collection de l'éditeur concernant les jeux vidéo, au cas où vous n'auriez point deviné. Mais ce roman, en plus d'être un "dernier", est aussi un "premier" : premier à avoir un sous-titre en rouge, premier à avoir une pub du jeu sur la deuxième de couverture et pour les BD sur la troisième, premier à ne pas faire apparaître Ezio Auditore mais aussi et surtout premier à ne pas mettre en scène l'assassin principal du jeu dont le livre est issu !
En effet, comme vous pouvez vous en douter en lisant le texte de la quatrième de couverture ainsi que ma liste des personnages principaux, si le héros du jeu, c'est Connor, le héros de livre, c'est Haytham ! D'ailleurs, pour achever la comparaison avec le jeu : le prologue du jeu nous met dans la peau d'Haytham, ce n'est qu'ensuite que l'on incarne Connor ; le livre lui, fait l'inverse, ce n'est que durant l'épilogue que l'on suit Connor. Ainsi, Forsaken est la première novélisation d'Assassin's Creed à ne pas être une adaptation - que j'appelle - de type 1 (c'est à dire une adaptation qui reprends les évènements du jeu) mais qui s'avère être une adaptation de type 2 (c'est à dire une adaptation qui vient en plus du jeu, qui le complète, qui raconte de nouveaux évènements canonique à l'univers et au scénario du jeu).
Tout cela implique qu'il vaut mieux avoir joué au jeu avant, ce que je recommande fortement. Alors, si vous n'avez pas joué au jeu, pas d'inquiétude, je tâche d'être suffisamment vague pour ne pas vous spoiler, par contre, si vous lisez le livre avant de jouer au jeu, vous allez vous-même vous spoiler certains passages, notamment un twist survenant à la fin du prologue du jeu ainsi que la fin, donc attention.
Le roman prend la forme d'un journal et commence alors qu'Haytham n'a que 10 ans et vient juste de voir sa vie changer radicalement avec le meurtre de son père (héros d'Assassin's Creed 4 Black Flag). Il commence donc son journal et nous narre son histoire, qui commence deux ans plus tôt. Et toute la partie du roman liée à l'attaque de sa demeure et de sa famille reste de loin la partie la plus intéressante, puisque bien racontée et surtout totalement inédite. Elle représente d'ailleurs presque la moitié du livre, sachant que le prologue du jeu Assassin's Creed III arrive à la page 191. C'est ainsi que l'on découvre le personnage d'Haytham sous un jour nouveau, ce qui nous permet d'en savoir beaucoup plus sur sa vision du monde. Toute cette partie se lie aux autres, qui retracent les évènements du jeu et tente de compenser le principal défaut lié à ces dernières. En effet, les passages du roman qui relatent les évènements d'Assassin's Creed III sont... survolés ? Oui, c'est le mot. Là où les faits historiques avaient leur importance dans les autres livres, ici, on passe simplement au-dessus, notamment par l'utilisation de grosses ellipses. C'est là que le fait d'avoir joué au jeu avant cette lecture prend toute son utilité car la non connaissance du jeu rendra ces passages particulièrement pauvres et peu intéressants, donnant clairement l'impression d'un scénario à trous.
En conclusion je dirai ceci : pour ceux ayant joué au jeu, ce roman est une plus-value énorme, un bon DLC qui relate bon nombre d'éléments permettant de mieux cerner les origines d'Haytham et donc, si vous êtes fan de la saga, je le recommande avec véhémence. En revanche, pour ceux qui ont lu les livres sans jamais jouer aux jeux (principalement les non-gamers donc), vous serez très certainement déçus à la fin du livre, à cause de la très faible importance de l'Assassin, Connor, et de l'absence des évènements narré dans le jeu. En clair, la déception provient du fait que, si les autres romans Assassin's Creed étaient adaptés à tous les publics, celui-ci s'adresse (uniquement ?) à ceux ayant déjà terminé le jeu. A vous, non-joueurs, je le recommande donc déjà moins.